Les licences autrefois légendaires n'ont plus la même aura et Square Enix en fait aujourd'hui l'expérience avec ses deux piliers historiques : Dragon Quest et Final Fantasy. Si le premier a su amorcer son retour grâce à sa politique de remakes millimétrée, le second peine encore à séduire au-delà de son socle historique, malgré un FF16 volontairement orienté action pour plaire au public moderne, et deux épisodes de la trilogie FF7 Remake excellents. Square Enix continue malgré tout des attentes financières démesurées alors que la réalité est sans équivoque : Final Fantasy est désormais une licence « pour les vieux », et les chiffres récents confirment cette tendance.

Final Fantasy, une licence pour les plus de 30 ans

Selon des données partagées par l'institut Circana, 77% des joueurs américains de FF7 Rebirth ont plus de 30 ans. Un constat peu surprenant, et loin d’être anodin pour une saga qui, pendant des décennies, s’est imposée comme une porte d’entrée majeure vers le RPG japonais et l’a démocratisé en Occident. Replacé dans ce contexte historique, ce chiffre s’explique alors majoritairement par la nature même du projet, proposant une relecture d’une œuvre qui a définitivement marqué les années 90 et le jeu vidéo. La trilogie Final Fantasy 7 Remake n’a jamais caché son attention d’attirer de nouveaux joueurs, mais ce projet, il est surtout confectionné avec soin pour le public qui a grandi avec Cloud, Aerith et Tifa. Ce sont finalement les chiffres de FF16 qu’il aurait été intéressant d’analyser, lui qui avait pour ambition ouverte de moderniser la saga en proposant un gameplay davantage orienté action.

Mais les dernières tendances démontrent qu’il n’existe pas de solution miracle. Final Fantasy 16, comme FF7 Remake, ont délaissé le tour par tour traditionnel au profit de gameplay plus nerveux, où le joueur est plus actif. Puis, entre-temps, des productions comme Baldur’s Gate 3 et Clair Obscur Expedition 33 ont rencontré un succès aussi bien critique que commercial retentissant, prenant à contrepied toutes les croyances de Square Enix.

FF7 Rebirth Panorama
FF7 Rebirth

Les jeunes ne peuvent pas s'attacher à la licence

Pour Naoki Yoshida, à la tête de FF16 et du renouveau de FF14, ce vieillissement du public s’explique en partie par l’inaptitude des plus jeunes à s’y attacher comme nous autres vieux loups de mer le pouvons. Là où une génération de consoles pouvait accueillir plusieurs épisodes de la saga, le cycle entre chaque jeu est devenu plus long, les sorties trop espacées. Dans un marché où l’attention se détourne au rythme des tendances du moment, Final Fantasy ne parvient plus à tirer son épingle du jeu. La licence n’a heureusement pas perdu son public, mais son défi est maintenant plus complexe. Elle doit désormais en conquérir un nouveau, dans une ère ponctuée de sorties fortes, où un simple nom, aussi prestigieux soit-il, ne suffit plus à faire vendre.

Source : Circana